Au petit bonheur la chance – Aurélie Valognes

Ce livre, j’y suis allée avec des a priori. C’est le quatrième livre d’Aurélie Valognes : j’avais bien aimé le premier, encore plus apprécié le deuxième et beaucoup moins aimé le troisième. Un schéma se mettait en place sur la construction des histoires. Bref, je craignais que le quatrième suive à nouveau ce schéma… Et ce n’est pas du tout le cas !

Quel livre… Mais quel livre… Il est bien plus long que les autres, les chapitres sont plus longs (donc rythme moins rapide). Et l’histoire est tellement différente… Je l’ai terminé il y a déjà plusieurs jours et j’ai du mal à me l’enlever de la tête. Je l’ai lu vite car je voulais savoir ce qu’il se passait.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’émotion… J’ai eu envie de pleurer de nombreuses fois. Je ne suis pas une spécialiste des histoires tristes, ce n’est pas du tout un genre qui m’attire. Et je ne suis donc pas habituée à ressentir autant d’émotions tristes à la lecture d’un livre.

Comme je disais plus haut, je l’ai lu vite : j’ai commencé un vendredi soir avec quelques pages, puis le samedi où j’ai lu les 2/3 du livre. Il n’était alors pas terminé, j’avais totalement la tête dedans et… j’ai rencontré le lendemain l’auteure. Le truc incroyable que je n’avais pas anticipé dans ces conditions.

En effet, il y avait le salon Saint Maur en poche auquel je voulais beaucoup assister. J’avais énormément aimé le Salon du livre Porte de Versailles en mars dernier. Ce n’était pas la première fois que j’y allais mais c’était tellement chouette d’avoir un choix hallucinant de livre, de rencontrer de près ou de loin autant d’auteurs. Si bien que le week-end d’après, j’avais envie d’y retourner. Sauf que c’était fini.

J’écris cet article samedi soir, j’ai été à Saint Maur en poche dimanche dernier. Je n’ai qu’une seule envie c’est d’y retourner demain. Sauf que c’est fini.

Bref, ce salon était chouette. De très nombreux auteurs étaient présents. Dont Aurélie Valognes. Je le savais avant d’y aller mais ce n’est pas pour ça que j’ai voulu lire « Au petit bonheur la chance » à ce moment-là. Je ne m’attendais pas non plus à tomber sur cette histoire si prenante, si touchante, si triste. Je ne m’attendais pas non plus à aussi peu attendre avant de la rencontrer. Et je ne m’attendais pas à ce qu’elle mette autant à l’aise et à ce qu’elle prenne autant de temps par personne.

Si bien que j’ai pu lui parler de ses précédents livres, du deuxième qui m’avait beaucoup touchée avec les histoires de beaux-parents, j’ai pu lui demander si ça avait été inspiré de sa propre belle-famille etc. Et bien sûr, je lui ai parlé de mon livre en cours dans lequel j’étais totalement plongée : Au petit bonheur la chance. Du fait qu’il soit très différent des précédents ce qui a été une volonté de sa part pour sortir de la case dans laquelle on la mettait avec ses trois premiers livres. Il faut dire que le pari est grandement réussi !

Ca a été un moment que je ne suis pas prête d’oublier. Discuter avec l’auteur du livre qu’on est en train de lire, c’est un sacré privilège, une sacrée chance ! Et repartir avec une jolie dédicace aide à se remémorer ce moment !

Mais sinon, vous avez peut-être envie que je vous parle de l’histoire ?

Tout d’abord, voici le résumé :
1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère, Pour l’été. Pour toujours. Il n’a pas prévu ça. Elle non plus. Mémé Lucette n’est pas commode, mais dissimule un cœur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot. Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie – elle a tout vu, il s’étonne de tout –, Lucette et Jean vont s’apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon. Ensemble, dans une société en plein bouleversement, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie. Un duo improbable et attachant pour une cure de bonne humeur garantie !

1968, ce n’est pas une année qui m’attire plus que ça. 1908, 1918, 1928, 1938, 1948, oui ça m’aurait davantage attirée. Mais 1968, cela ne me parlait pas. Sauf qu’un enfant de 6 ans en 1968, c’est la génération de mes parents. Et ça a été très intéressant de ce côté-là pour de nombreuses raisons : la découverte de l’électricité, des salles de bain dans les maisons, des télévisions, des supermarchés, etc. Il y a aussi un clivage fort entre Paris et la Province. Enfant, ce n’est pas toujours simple de passer de l’un à l’autre dans notre monde actuel mais là, c’était assez fou dans les écoles : le petit Jean, gaucher, n’avait pas le droit d’écrire de la main gauche en Province. Arrivé à Paris, on l’y autorise. Mais en revanche, il est considéré comme un sacré campagnard et les mots qu’il utilise sont considérés comme faux alors que c’est juste une façon de parler différente. De mon côté, j’ai vécu un déménagement entre la région parisienne et la Province alors que j’étais au collège. Nous n’utilisions pas les mêmes mots : « A cet aprèm ! »/ »A ce tantôt ! », « crayon à papier »/ »crayon de bois », « ma mère finit le travail à 18h »/ »ma mère débauche à 18h », etc. Mais cela n’a jamais été considéré comme une erreur. Ce qui n’a pas été le cas pour le pauvre petit Jean.

Car oui, pauvre petit Jean. Sa maman l’a laissé tomber pour aller vivre sa vie ailleurs. Sa « vie de femme ». Il a été élevé par sa grand-mère qui avait un temps de retard sur le monde dans lequel elle vivait (l’école mixte apporterait que du mauvais selon elle). Il dort sur un matelas. Il faut économiser le moindre sou. Bref, ce n’est pas facile pour lui. Comme me disait Aurélie Valognes, elle ne l’a pas épargné Jean… A peine on se dit qu’il lui arrive beaucoup de malheurs, qu’un nouveau lui tombe sur le coin du nez. On le voit évoluer, on le voit s’endurcir. On le voit ne plus croire au bonheur aussi. C’est triste.

Mais malgré tout, j’ai beaucoup aimé ce livre. Il ne laisse pas insensible du tout. Il secoue, il fait se poser des questions sur notre monde actuel aussi. En 1968, qu’un enfant sorte seul de l’école et aille se balader seul c’est normal. Maintenant, les maîtres/maîtresses laissent sortir un enfant de l’école que si l’un des parents (ou un grand-parent etc) est là. Je ne sais pas si on a perdu de la liberté ou de l’insouciance mais la différence est folle.

Bref, un sacré livre !

Et vous, l’avez-vous lu ?

2 commentaires sur “Au petit bonheur la chance – Aurélie Valognes

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